L'Histoire

Matt Murdock, avocat non-voyant est le défenseur des plus démunis le jour. Mais son handicap lui a permis de développer des super-pouvoirs qui lui permettent de devenir Daredevil la nuit venue et de faire à nouveau régner la justice sur toute la ville. Ses ennemis : The Kingpin, dit le Caïd un parrain de la Mafia, et Bullseye, dit le tireur, un tueur à gages. Dans ce film, Daredevil rencontrera aussi un autre superhéros, une superhéros : Elektra.


Notre avis

Si, après les X-Men et Spider-Man, il semblait assez logique que Daredevil, autre personnage phare de l'écurie Stan Lee, ait droit, lui aussi, à son adaptation au cinéma. On ne peut être que surpris et désappointé du manque de moyens, aussi bien artistiques que financiers, mis en oeuvre pour concrétiser ce projet (le personnage étant pourtant nettement plus intriguant qu'un grand géant vert énervé. Mais, passons). D'ailleurs, le résultat ne se fait pas attendre et, passées les vingt premières minutes relatant les origines du justicier aveugle (à mon sens, la meilleure partie du film), la pellicule de Mark Steven Johnson (instigateur, scénariste et réalisateur du projet), fait rapidement la démonstration de son manque de cohésion, de maîtrise et d'ambition.

Alors que Ben Affleck (Matt Murdock adulte) ne parvient jamais vraiment à crédibiliser son rôle d'avocat non-voyant aux super-pouvoirs (à sa décharge, il faut reconnaître que le costume de cuir du Diable Rouge de cinéma n'est vraiment pas une réussite), de son côté, le réalisateur, probablement dépassé par les enjeux visuels et narratifs de son film, accole ses plans plus qu'il ne les enchaîne, et privilégie des scènes d'actions aux éclairages minimalistes et aux montages maladroits plutôt que de développer ses personnages. Du coup, les réflexions et questionnements qui accompagnaient le héros de papier ne sont pas reconduits à l'écran et les méchants du film se retrouvent à jouer les caricatures des personnages originaux : Le Caïd (Michael Clarke Duncan) se limitant, à peu de chose près, à parader dans son costume sur mesure au beau milieu de son bureau, tandis que Bullseye/Le Tireur (Colin Farrell totalement déjanté) prête plutôt à rire qu'à autre chose. Bref, tout cela n'a plus grand chose à voir avec le Comic-Book et le fait que la bande son se limite à noyer les scènes d'action sous des déluges de hard-rock n'arrange rien au modèle, sinon souligner l'aspect résolument brouillon de l'entreprise. Finalement, c'est Jennifer Garner (l'agent multicartes de la série Alias) qui se sort le mieux de cette lamentable affaire, son rôle d'Elektra, pourtant lui aussi bien dénaturé par le script de Mark Steven Johnson et Brian Helgeland, lui permettant d'illuminer l'écran à chacune de ses apparitions, de sa fraîcheur, de son aisance et de son charme (on parle d'ailleurs déjà d'une suite, ou plutôt d'une préquelle, axée sur son personnage). Enorme déception pour les fans, ou simplement les lecteurs occasionnels, ce Daredevil serait à oublier au plus vite s'il n'avait déjà ruiné la carrière cinématographique de L'homme sans peur.


Daredevil
Mark Steven Johnson - 2002

Sortie dans les salles françaises le 19 mars 2003