Nous vous proposons un entretien avec Eric Holstein, l'auteur de Petits arrangements avec l'éternité (Editions Mnémos). Vous souhaitez mieux connaître l'auteur, comprendre l'imaginaire qui a donné naissance à ce - bon - livre vampirique.. Suivez le guide en attendant le prochain livre de l'un des piliers du site d'ActuSF ;-)
Atemporel.com : Bonjour Eric Holstein. Vous avez signé un beau livre avec l'éternité cet automne : Petits arrangements avec l'éternité. De par le titre on s'attend déjà à un livre quelque peu décalé, façon Petits meurtres entre amis. L'histoire nous promène dans un Paris occulte et nocturne dans un hommage, et une parodie aux classiques du vampirisme. Pouvez-vous nous en dire davantage sur vos sources d'inspiration qu'elles soient parisiennes, classiques ou vampiriques ?
Eric Holstein : En fait, je ne suis pas certain d’avoir voulu faire une parodie. Mais bon, j’imagine qu’on peut facilement lire mon bouquin comme en étant une. Ne serait-ce que parce qu’il est pas mal référencé, effectivement. Concernant les sources d’inspirations vampiriques, elles sont ténues, si ce n’est que j’ai lu pas mal de romans vampiriques fût une époque. Les grands classiques du genre, avec une réelle admiration pour Stoker et pour la modernité de ce roman. Pas très original, non plus, les romans d’Anne Rice. Ensuite, dire qu’ils m’ont inspirés serait exagéré, si ce n’est que c’est à leur lecture que j’ai eu envie d’écrire une histoire de vampire.
Plus central, sans doute, c’était mon envie de travailler l’argot, qui est une de mes vieilles marottes. Je trouve que cet argot des fortifs est une langue très poétique, très imagée et qui se perd un peu (voire beaucoup). Pour moi c’est un peu le patois parisien et j’y suis très attaché. Je voulais vraiment travailler ce matériau. De là, forcément, ces choix de langues ont cadencé tout le reste, de la psychologie des personnages à la tonalité générale du roman.
Je ne pense pas m’être consciemment inspiré d’un auteur en particulier, mais durant l’écriture la présence de certains s’est plus ou moins imposée. En premier lieu, il y a Léo Malet et ses Nouveaux Mystères de Paris, qui ont grandement conditionné ma propre vision de Paris. Il y a eu Boudard aussi et certains de ses livres des années 50, comme La Métamorphose des cloportes. Évidemment, l’ombre de Michel Audiard plane aussi sur tout ça. C’est un peu de leur Paris qu’on retrouve dans Petits Arrangements...