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Entretien avec Fabien Clavel

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Fabien Clavel photographié par Patrick ImbertNous vous proposions il y a quelques temps un livre assez original avec pour cadre l'univers vampirique. Entre (bons) clichés du genre et approche modernsite, et scientifique, Homo Vampiris (éditions Mnémos) s'avérait être un bon roman, bien mené et écrit par Fabien Clavel.

Afin de mieux vous faire découvrir l'auteur, nous vous proposons aujourd'hui un entretien avec Fabien Clavel. n'hésitez pas à poser vos questions à l'auteur en commentaires à l'article, nous ferons suivre les messages pour qu'il vienne vous répondre ;-)

 


 

Atemporel.com : Bonjour Fabien. Votre dernier roman fantastique est paru il y a quelques semaines. Homo Vampiris traite de vampires à la sauce scientifique et très... modernisée.  Comment vous est venu le scénario ?

J’avais une envie de vampire depuis longtemps. Sur cette envie s’en sont cristallisées deux autres : faire un thriller à l’échelle mondiale et travailler sur un cadre similaire à celui de Nephilim avec des immortels. En mélangeant le tout, j’ai obtenu Homo Vampiris.

Histoire d’apporter ma pierre à la mythologie vampirique, j’ai essayé de moderniser le mythe et d’enlever une grande partie de son aspect fantastique. Une fois que j’ai trouvé une explication (pseudo-)scientifique à l’existence des vampires (je n’en parle pas pour laisser un peu de surprise à la lecture), je me suis mis à construire mon scénario.

Mon idée de départ était de faire du vampire une métaphore de l’être humain qui exploite à outrance les ressources de la planète, à la manière d’un parasite. L’analogie devenait la suivante : le vampire aspire le sang de l’homme comme ce dernier aspire celui de la terre, c’est-à-dire le pétrole avant toute chose. Il me fallait donc avancer ma chronologie d’une cinquantaine d’années dans l’avenir afin de se trouver dans une société où la déplétion pétrolière a commencé et où les énergies fossiles coûtent enfin leur véritable prix. Le cadre SF n’est pas ici un élément qui permet de faire rebondir l’action, comme dans une narration hollywoodienne classique où chaque élément exposé doit être repris dans le scénario, mais il est à la base de toute l’histoire.

Une fois l’humain devenu métaphoriquement le véritable vampire, les vampires eux-mêmes étaient destinés à devenir des proies au lieu de se comporter en chasseurs. L’autre orientation importante consistait à faire de ces vampires les protagonistes et à voir par leurs yeux en renversant ce qu’avait fait Stoker dans son Dracula. Bien sûr, Anne Rice avait déjà utilisé ce renversement dans Entretien avec un vampire. Aussi, pour me différencier, je ne voulais pas que mes vampires pleurent sur leur humanité perdue et se morfondent. Ils devaient assumer ce qu’ils étaient.

J’avais aussi envie que Homo Vampiris puisse former une sorte de dyptique avec un autre de mes romans, Requiem pour Elfe noir, qui se déroule après la disparition mystérieuse de l’homme. L’histoire devait expliquer comment on en était arrivé là. Si on lit les deux livres à la suite, on verra, j’espère, ce qui les unit.

Pour le reste, je garde, de mon expérience de rôliste et de mes premières lectures de fantasy, un goût certain pour les groupes de personnages qui doivent se côtoyer et évoluer ensemble. Évidemment, c’est toujours plus intéressant quand un nouveau membre doit être intégré à ce groupe et en découvre les règles et les secrets. C’est le rôle de Nina dans Homo Vampiris.



Atemporel.com : Vous avez débuté l'écriture après avoir longuement joué au jeu de rôle Nephilim. Finalement, pourquoi avoir opté pour un cadre vampirique ?  Une pénurie d'homoncules ?

En fait, j’ai assez peu joué à Nephilim et je n’ai pas énormément pratiqué le jeu de rôles non plus : mon maximum a été un an de campagne de Warhammer, plus pour les gens autour de la table que pour l’univers. Par contre, on m’a fait essayer de nombreux jeux tels Agone, Retrofutur, Les Secrets de la 7e Mer, Métabarons et même Vampires, souvent le temps d’une partie. Mon plaisir consistait surtout à me couler dans des univers nouveaux et à découvrir des systèmes de jeux inconnus.

Cela a d’ailleurs été un peu la même chose pour la rencontre avec la fantasy en général. J’avais lu au collège quelques classiques de la SF, tels Silverberg et Asimov. Et puis un essai raté avec Le Seigneur des Anneaux, abandonné avant même le départ de la Comté (NDW : pareil !). Mais c’est ma femme qui m’a fait lire Les Portes de la Mort de Weis & Hickman, et découvrir la fantasy. J’ai adoré et je me suis rendu compte que c’était ce que j’avais envie d’écrire.

Comme je n’avais pas la culture du genre, j’ai pas mal lu pour rattraper mon "retard". J’ai dévoré des cycles entiers (de Pratchett, Hobb, Martin, Moorcock, Eddings, Gemmel, Lovecraft...) avant de m’en lasser un peu et de passer à d’autres sous-genres des littératures de l’imaginaire comme l’uchronie, la dystopie et un retour à la SF plus classique (Dick, Silverberg et puis ensuite Bordage).

Jusque-là, par mes études de lettres classiques, mes goûts et ma culture étaient beaucoup plus portés vers les auteurs grecs et latins de l’antiquité, ainsi que les romanciers du XIXe siècle, et les classiques en général, au premier rang desquels il faut ranger Victor Hugo.

Quand je me suis mis à écrire, j’ai eu envie de mélanger ce que j’aimais dans la littérature classique et ce que j’aimais dans les littératures de l’imaginaire. D’autre part, afin de ne pas m’ennuyer, comme pour les jeux de rôles, je ne voulais pas m’enfermer dans un sous-genre particulier. C’est pour cela que je suis passé par le polar fantastique (Nephilim), la fantasy parodique (Les Légions dangereuses), la fantasy de cape et d’épée (L’Antilégende), le péplum uchronique (La Cité de Satan), la fantasy de roman noir post-apocaplyptique (Requiem pour Elfe noir), la fantasy mythologique (La Dernière Odyssée et Les Gorgonautes) et le space-opera écologique (L’Océan des étoiles).

Au même moment où je découvrais la fantasy et le jeu de rôle, je regardais Buffy contre les Vampires. C’était une bouffée d’oxygène d’autant plus que j’étais en khâgne à l’époque et que le travail était assez éreintant. Depuis, je me suis muni de l’intégralité de la série (et de toutes les autres productions de Joss Whedon qui est le meilleur de tous) et l’ai revue cinq ou six fois en entier.

L’envie d’écrire sur des vampires me taraudait donc depuis longtemps. Mais il faut attendre un déclic, une bonne idée de départ pour présenter le sujet sous un angle un peu nouveau. Quand je l’ai eue sur les vampires, je me suis lancé tout de suite et ça a donné un thriller vampirique. Mais je ne désespère pas d’écrire un jour sur les zombies, les fantômes ou les loups-garous.



Atemporel.com :  Le découpage et le rythme d'Homo Vampiris conviendrait bien à une BD, une série d'ailleurs. En avez-vous en projet, ou dans le coeur ?

J’ai essayé de donner à ce thriller toute l’efficacité dont j’étais capable. J’avais en tête pas mal de séries américaines pour le rythme de l’action. D’ailleurs, contrairement à d’habitude, je me suis fait un casting pour mes personnages principaux. En général, j’ai à coeur de mettre en avant les impressions ressenties par les personnages afin de mettre le lecteur dans le bain. C’est pourquoi, il me fallait des ambiances bien marquées visuellement. Tout cela rapproche bien sûr ce roman de la BD.

Le bureau de Fabien ClavelJe suis d’ailleurs un grand lecteur de BD. En ce moment, je suis justement en train de relire tous les Valérian pour mieux profiter du dernier volume de la série qui vient de sortir. Ce serait avec grand plaisir que je participerais à une BD mais je n’en ai pas encore eu l’opportunité et il me manque aussi une histoire qui s’y prêterait.

En plus, j’ai d’autres projets sur le feu en ce moment. Pour Pygmalion, je suis en train d’écrire un roman de fantasy historique sur l’an Mil en Hongrie. Ce sera une espèce de western médiéval, du moins si je réussis ce que je veux faire. Dans la lignée du Roi d’août de Pagel, je décris la prise du pouvoir par Étienne, le roi chrétien, face aux païens, et tous les trous de l’histoire sont comblés par des explications fantasystes.

Il y a aussi, chez Autres Mondes, Soleil des Abysses, un roman de SF où un sous-marin explore les profondeurs de l’océan, alors que l’humanité a dû se réfugier sous l’eau suite au réchauffement climatique et à l’inondation des continents. Cela se passera en fait dans le même univers que L’Océan des étoiles mais des centaines de siècles plus tôt.

Enfin, je me suis lancé dans la fantasy arthurienne avec L’Apprentie de Merlin qui sortira chez Royaumes Perdus au second semestre 2010. L’idée est de raconter l’histoire de la Table ronde à travers les yeux de la disciple du célèbre enchanteur (évidemment, ce sera la "véritable" histoire, pas celle qu’on croyait connaître).



Atemporel.com :  Une question subsidiaire à laquelle je ne pouvais résister... Fabien Clavel, écrivain., mais avez-vous des liens de parenté avec l'écrivain franc-comtois Bernard Clavel ?


Aucun lien à ma connaissance. En fait, Clavel est un nom très répandu, notamment dans le sud-ouest de la France. Pour l’anecdote, le patronyme viendrait du mot clavus, qui veut dire "clou" en latin. Clavel signifierait donc"le grêlé", c’est-à-dire celui a qui souffert de la petite vérole. On a trouvé plus classe comme étymologie.

Je n’ai lu qu’un seul livre de Bernard Clavel, La Maison des autres, le premier volume de La Grande Patience, si je me souviens bien, où il raconte son apprentissage de boulanger. Mais comme les enseignants m’ont demandé chaque année de ma scolarité si j’étais de sa famille, ça a peut-être influencé mon envie d’écrire.

En tout cas, cette vocation remonte très loin. Dès l’adolescence, j’écrivais des débuts de romans. Je me rappelle qu’un de ceux-là commençait par un saut en parachute et des ados étaient largués dans la jungle. J’avais employé le mot "stoïquement" et j’en étais très fier.

Mais le premier roman que j’ai vraiment commencé à rédiger était une histoire de science-fiction sur une planète rouge. J’avais prévu douze volumes et je n’ai même pas terminé la première partie du tome un. Malgré ça, j’ai réutilisé plus tard des idées, des images pour Requiem pour Elfe noir. Par exemple, mon héros s’appelait déjà Athanase (qui signifie "immortel" en grec, comme quoi je suis abonné aux histoires d’immortels).

En fait, j’ai toujours voulu écrire et travailler dans les livres, surtout les romans. Comme il n’y avait pas beaucoup de débouchés satisfaisants et que je ne me voyais pas faire un autre métier, je suis devenu enseignant, ce qui est une autre forme de vocation. Et puis, quand j’ai du temps, j’écris des histoires en espérant qu’elles seront lues. Et appréciées.

 

> Retrouvez l'actualité de Fabien Clavel sur son blog officiel

> Notre avis sur Homo Vampiris de Fabien Clavel

 

Entretien réalisé en janvier 2010 par Laurent Delin pour atemporel.com. Merci à l'auteur de s'être prété au jeu ;-)

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